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30 ans ça suffit
Chamois DLC
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Réside à : Grenoble
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voilà Loup Amical ce qui pourra t'indiquer pourquoi nous faisons ce combat :


Il semble qu’il soit licite d’avorter dans pour les raisons suivantes.

1.La femme est maître de son corps.

Les femmes ont un droit de disposer de leur corps, c’est une revendication du féminisme contre toutes les formes de misogynie. Elles ont donc le droit d’avorter.

2. L’enfant n’a pas été désiré

Lorsqu’un enfant n’a pas été désiré, il risque d’être malheureux de souffrir toute sa vie. Afin d’éviter toutes ces souffrances, il faudrait mieux qu’il ne naisse pas.

3. Le viol

Lorsqu’un viol a eu lieu et que la victime se retrouve enceinte et que pour des raisons diverses (budget, volonté,...) et parfaitement acceptables, elle ne veut pas avoir d'enfant (qui serait perturbé le jour où il apprendrait les conditions de sa création), alors il est licite de la faire avorter le plus rapidement possible : à situations exceptionnelles, mesures exceptionnelles.

4. "Paternité responsable"

Si la fécondation a lieu par accident (échec de la contraception), le couple peut retourner à son avantage le terme de l'Eglise de "paternité responsable" pour justifier que l'avortement est nécessaire par égard aux enfants déjà existants aux besoins desquels les parents ne pourraient plus subvenir efficacement si un nouvel enfant venait à naître. Beaucoup d’enfants conçus seront malheureux et n’auront pas une vie de qualité. L’avortement prévient ce problème et le résout.

5. Mauvais parents

Si les parents se savent incapables de bien assumer les rôles de père et de mère, il vaudrait mieux que la femme avorte s'il y a fécondation accidentelle pour ne pas laisser naître un enfant qui deviendrait assurément malheureux.

6. Malformation

Si, lors de la formation de l'embryon, on remarque une malformation qui aura pour effet absolument certain la naissance d'un enfant irrémédiablement handicapé ou anormal, il vaudrait mieux empêcher la naissance et faire avorter la mère par amour pour l'enfant, pour ne pas donner la vie à un être qui sera très probablement très malheureux et très seul du fait de son handicap. Cette solution semble la meilleure afin de lui épargner une indigne de l’homme.

7. Danger pour la vie de l'enfant et/ou de la mère

Si pour une raison quelconque les vies de l'enfant et/ou étaient à coup sûr menacées lors de l'accouchement, il vaudrait ne pas prendre le risque de tuer soit la mère et son enfant soit carrément les deux ! Cela peut devenir alors un choix entre une vie et une autre.

8. Mort du père

Si le père du futur enfant meurt durant la gestation, la mère peut vouloir ne pas donner naissance à un enfant qui n'a plus de père ; cela pourrait être très préjudiciable à l'équilibre psychologique de l'enfant et ce serait par amour que la mère ne voudrait plus alors d'un enfant dont elle sait qu'il souffrira.
S'il y a mort du futur père, la mère peut aussi se rendre compte de son incapacité financière (par exemple) à subvenir aux besoins d'un enfant que deux salaires auraient permis de bien faire vivre ; elle peut alors vouloir avorter.



Sed contra : Le Pape Jean Paul II écrit dans l’encyclique Evangelium vitae « Avec l’autorité conférée par le Christ à Pierre et ses successeurs, (…) je déclare que l’avortement direct, c’est à dire voulu comme fin ou comme moyen, constitue toujours un désordre moral grave en tant que meurtre délibéré d’un être humain innocent. Cette doctrine est fondée sur la loi naturelle[1] et sur la Parole de Dieu écrite, elle est transmise par la Tradition de l’Eglise et enseignée par le Magistère ordinaire et universel » (n° 62)


Argumentation :


Il n’est jamais permis d’avorter. Cela apparaît dans le syllogisme suivant :
Il n’est jamais permis de tuer un être innocent.
Or l’enfant dans le sein de sa mère est un être innocent.
Donc il n’est jamais permis de tuer l’enfant dans le sein de sa mère.

La majeure du syllogisme est évidente car tout homme a le droit à la vie. Ce droit est reconnu par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 (article 3) et même par la loi Veil qui dépénalise l’avortement en France : « La loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. » (article 1) ! Ce droit est absolu et inaliénable ; il ne fait qu’énoncer une exigence de toute société digne de ce nom : l’égalité absolue de tous les hommes quant à la vie. On peut même dire que ce droit est le premier car il fonde tous les autres droits ; s’il n’est pas respecté tous les autres sont menacés. Supprimer à un être le droit à la vie revient en effet à supprimer le sujet du droit.

C’est à la mineure que les partisans de l’avortement s’attaquent. C’est cette vérité que nous allons nous attacher à prouver plus longuement. En effet, c’est une constante chez les hommes : à chaque fois qu’ils ont voulu exploiter leurs semblables ou les exterminer, ils ont mis en doute le caractère humain de ceux-ci. Dans l’antiquité, les esclaves étaient considérés comme des choses, au XVIe siècle les indiens comme des « bêtes à apparence humaine », ainsi que nous le rapporte Montaigne et plus près de nous les nazis ont considérés les juifs comme des « non-hommes » des Unmemschen.

Or le caractère humain de l’embryon ne fait pas de doute. La science génétique moderne montre que dès le premier instant de la vie, se trouve déjà fixé le programme de ce que sera ce vivant. A la rencontre des gamètes mâles et femelles, tout le code génétique, c’est-à-dire, ce qui fait que cet être est un homme, et même cet homme dans sa particularité et non un autre, est présent. Voici ce que déclarait devant Commission du Sénat des Etats-Unis le professeur Jérôme Lejeune, membre de l’Institut et découvreur du gène de la trisomie : « Sitôt que les 23 chromosomes paternels sont réunis avec les 23 chromosomes maternels, toute l’information génétique, nécessaire pour exprimer toutes les qualités innées de l’individu nouveau, se trouve rassemblée. De même que l’introduction d’une mini cassette dans un magnétophone permet la restitution d’une symphonie, de même le nouvel être commence à s’exprimer sitôt qu’il est conçu ». Et le Professeur Lejeune de conclure « La nature humaine de l’être humain, depuis sa conception jusqu’à sa vieillesse, n’est pas une hypothèse métaphysique, mais bien une évidence expérimentale »[2]. A titre de comparaison, personne ne se demande en médecine vétérinaire si un embryon de vache est animé de vie féline ou canine. Il ne fait de doute pour personne que ce que la vache porte dans son utérus est un veau. De même, le produit de la procréation humaine est un être humain.

On peut arriver à la même conclusion en raisonnant par l’absurde. Notons tout d’abord qu’il est impossible de nier avec une certitude absolue que l’embryon soit un être humain. C’est une évidence. Le maximum que l’on puisse concéder est qu’il est douteux que l’embryon soit un être humain. Il se pourrait en effet qu’à un moment donné l’embryon humain qui était jusque là un être potentiellement humain devienne réellement un homme. Remarquons déjà à ce stade qu’on se heurte à deux problèmes insolubles : si l’embryon humain n’est pas dès sa conception un être humain quand le sera-t-il effectivement ? Par quel saut ontologique extraordinaire cela se produit-il ? Il est totalement impossible de morceler le processus physique enclenché pour y introduire une discontinuité et affirmer : « ça y est, c’est une personne » alors qu’avant cela n’en était pas une. Mais il y a plus. En effet, dans ce cas, à chaque fois que l’on pratique un avortement, on accepte alors logiquement le principe que l’on tue peut-être un homme. Mais accepter ce principe, c’est accepter qu’il est licite de tuer un être humain, car en prenant le risque de tuer un homme, je prends le risque d’être homicide.[3] Je remets en cause par voie de conséquence l’inviolabilité absolue de la vie humaine.
Mis en forme, le raisonnement s’énonce alors de la façon suivante :

Pour rendre licite l’avortement, il ne suffit pas de prouver que le fœtus puisse ne pas être une personne, il faut pouvoir prouver avec certitude que cela n’en est pas une. En effet, dans le cas contraire, on prend le risque d’être homicide.

Or il est impossible d’avoir la certitude métaphysique que le fœtus n’est pas une personne humaine et la science nous incline même à penser le contraire.

Donc il n’est jamais licite d’avorter.



Réponse aux objections[4].



Principe général :

Une intention bonne ne suffit pas à changer la valeur d’un acte. Ainsi on ne peut pas exécuter des innocents, pour sauver la Patrie. Sauver le Patrie est une fin bonne, mais cette fin ne justifie pas qu’on sacrifie un innocent : le droit à la vie humaine est inaliénable. Plus brièvement, la fin ne justifie pas les moyens. Or nous avons vu dans le corps de l’article, que l’avortement est toujours intrinsèquement mauvais parce qu’on tue un enfant. De même, les circonstances ne suffisent pas à changer la valeur d’un acte. Elles peuvent atténuer ou aggraver la responsabilité de celui qui le pose, mais en aucun cas elles ne peuvent faire ce que ce qui est mal devienne bien.

1.La femme est maître de son corps.

L’enfant non né n’est pas un organe de sa mère, il est un être unique, distinct, avec son individualité génétique propre. La femme ne peut disposer l’existence de cet être à sa guise comme le faisait le pater familias dans la société romaine. Refuser cela, c’est reconnaître l’esclave, système où un être humain peut devenir la propriété d’un autre.

2. L’enfant n’a pas été désiré

Il n’existe aucun critère pour dire si un enfant désiré sera heureux et si un enfant désiré sera malheureux . Il existe des enfants non prévus qui sont aimés et des enfants désirés qui ne le sont pas : les bourreaux d’enfants désirent avoir des enfants. La psychologie montre en outre que la mère passe souvent au cours de sa grossesse de la contrariété à l’acceptation, et de l’acceptation à l’amour. Nous ne pouvons pas figer le désir au moment du début de la grossesse car il mûrit et progresse. Nous n’avons pas été tous désirés ; mais nous sommes sûrs d’avoir été accueillis. Enfin, l’enfant n’est pas un objet de consommation, c’est une personne. C’est ne pas une vidéo ou une voiture, si « ça » plaît, on le prend ; sinon on avorte.

3. Le viol

On ne remédie pas à une injustice en commettant une injustice plus grave encore ; on ne répare pas le mal en commettant le mal. Par ailleurs, on assiste ces dernières années à une augmentation du nombre de viols. La libéralisation de l’avortement crée une mentalité de violence où le plus fort a le droit pour lui et où le plus faible ne peut résister au plus fort. Par là elle, elle conduit à banaliser le viol en exposant davantage encore les femmes à l’emprise phallocratique des hommes. Enfin, il est malhonnête de se servir de situations extrêmes pour banaliser l’avortement. A partir de quelques situations contraignantes, tout devient soudainement permis .

4. "Paternité responsable"

Les partisans de l’avortements ont l’habitude de dire que la prévention à l’avortement se fait par la contraception. Or l’habitude contraceptive engendre la mentalité abortive : en cas d’échec de la contraception, on recourt plus facilement à l’avortement. Les faits sont d’ailleurs là pour en témoigner, 25 ans après la voir Veil, le nombre d’avortements n’a pas diminué et a même augmenté. Par ailleurs, dire qu’à partir du moment où les parents sont trop pauvres les enfants n’auront pas une vie de qualité, revient à soutenir que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue qu’à partir d’un seuil de qualité. C’est une proposition monstrueuse et inacceptable, car on soutient le subjectivisme intégral. Quelle est cette qualité de vie ? Où se situe le bonheur ? Faut-il préférer le magnétoscope à l’accueil de l’enfant ? Le bonheur de l’un ne fait pas le bonheur de l’autre : Pierre sait sourire là où Paul pense au suicide. Enfin, notre société n’a jamais été aussi riche. Il faudrait donc penser à une politique familiale qui donne au couple ayant de nombreux enfants le minimum de biens matériels indispensables pour assurer une existence digne.

5. Mauvais parents

Personne ne peut prévoir ce que sera le bonheur d’un enfant. S’il est légitime de tuer un être humain parce qu’il risque d’être malheureux, alors il est aussi légitime de tuer ceux qui, dores et déjà sont malheureux. Et personne n’ose soutenir cette conséquence pourtant rigoureuse.

6. Malformation

Si l’on admet que l’on peut éliminer tous les indésirés (les handicapés, le trisomiques, les malades mentaux), la société humaine se détruit. Si l’on admet pas la présence des autres avec leurs différences, la vie en société devient infernale. Face à un handicapé, quelle est la solution la plus humaine, le supprimer ou l’aider à mener la meilleure existence compte tenu de ses capacités ? L’enfant atteint d’une malformation est pourtant membre de l’espèce humaine. Si l’on l’élimine en raison de sa malformation, on éliminera ceux qui n’ont pas la couleur de peau ou le sexe espéré.

7. Danger pour la vie de l'enfant et/ou de la mère

Ainsi que nous l’avons dit tout au début, la fin ne justifie pas les moyens. Le principe de la solution est simple : on ne choisit pas. On ne peut pas sacrifier une vie innocente à une autre. Ce que l’on doit vouloir, c’est sauver les deux. Il peut arriver cependant que, ayant fait tout ce qui est humainement possible, on aboutisse à une conséquence non voulue : la mort. Il peut arriver aussi qu’en voulant soigner la mère d’un cancer, cela entraîne une conséquence malheureuse, non voulue, non désirée. Mais nous sommes là dans le cas d’un acte qui à un double effet l’un positif (la guérison du cancer), l’autre négatif (la mort de l’enfant). Cela est licite, car on ne veut pas dans ce cas l’effet négatif, on s’y résigne, on le désire pas, on le tolère.

8. Mort du père

Cette objection revient aux précédentes (n° 2, 4 et 6). On identifie indûment la vie humaine et la qualité de la vie humaine. Bien sûr, il est préférable qu’un enfant ait un père ou puisse avoir le minimum vital, mais en aucun cas le fait qu’il n’ait pas de père, ne donne le droit de le tuer. Vie humaine et qualité de vie ne sont pas à mettre sur le même plan. Pour prendre un exemple, on ne pas mettre sur le même plan la démocratie et la qualité (ou les défauts) de la démocratie. Les défauts de la démocratie, il faut les combattre, mais le pire moyen de les combattre serait de détruire la démocratie.


Annexe 1 : Léa.

1er mai : Par amour, mes parents aujourd’hui m’ont appelé à la vie

15 mai : Mes premières artères apparaissent et mon corps se forme très rapidement.

19 mai : J’ai déjà une bouche

21 mai : Mon cœur commence à battre.

22 mai : Je ne sais pas du tout pourquoi maman se fait tant de soucis.

28 mai : Mes bras et mes jambes commencent à croître. Je m’étends et je m’étire.

8 juin : A mes mains poussent de petits doigts.

16 juin : C’est seulement aujourd’hui que ma maman a appris que j’étais là.

20 juin : Maintenant c’est sûr : je suis une fille.

24 juin : Tous mes organes se dessinent. Je peux sentir la douleur.

6 juillet : J’ai des cheveux et des sourcils.

8 juillet : Mes yeux sont finis depuis longtemps même si mes paupières sont encore fermées.

19 juillet : Mon cœur bat magnifiquement. Je me sens protégée.

20 juillet : Aujourd’hui ma maman m’a fait mourir.

Un gynécologue


Annexe 2 : L’embryon un être humain



Extraits du dialogue du professeur Lejeune

avec la Cour au procès de Maryville (USA)[5]


Q. ‑ Nous pourrions prendre ‑ tentant de faire une expérience scientifique- un zygote, l'examiner, voir l'ADN et les autres structures de la cellule en supposant que nous avons les connaissances suffisantes pour le faire, et dire tout sur cet être humain ?

R. ‑ Je dirais oui, sauf accident non prévisible ; mais je voudrais dire qu'il n'y a pas de machine assez grande pour y faire entrer une telle information.

Q. ‑ Mais si nous avions une telle machine, nous pourrions voir dans le zygote et nous pourrions dire quelle couleur de cheveux aurait cette personne ?

R. ‑ Sans doute.

Q. ‑ Quelle couleur des yeux aurait cette personne ?

R, ‑ Oui

Q. ‑ Pourrions‑nous regarder dans le zygote, dans sa structure, ou dans les chromosomes, ou dans l'ADN, et dire quelle langue parlerait cette personne ?

R. ‑ Je ne le crois pas. Nous pourrions dire, dans votre exemple, cet être sera capable de parler et il parlera japonais s'il vit à Tokyo. Mais nous pourrions dire, réciproquement, en regardant dans la première cellule d'un chimpanzé, cet être‑là ne parlera jamais !

Q ‑ Pourrions‑nous regarder dans le zygote, dans des chromosomes, dans l’ADN, dans l'équilibre de ses structures et dire si cet embryon se développera en une Personne de sensibilité libérale ou conservatrice ?

R, ‑ Même en regardant des adultes, je ne puis deviner cela, Maître ! ….

Q. ‑ Permettez‑moi de m'assurer que je comprends bien ce que vous me dites, que le zygote devrait être traité avec le même respect qu'un être humain adulte.

R. ‑ Je ne vous dis pas cela, car je ne suis pas en position pour le savoir. Je vous dit : c'est un être humain. Ensuite, c'est un juge qui vous dira si cet être humain a les mêmes droits que les autres. ( ... ) Mais si vous me demandez en tant que généticien si cet être est un humain, je vous dirais que ‑ puisque est et qu’il et qu'il est humain ‑ il est un être humain.

Q. – Dr. Lejeune, bien sûr vous êtes un scientifique et, je suis sûr que dans une large part vous fondez vos convictions et vos sentiments sur votre connaissance de la génétique et d'autres sciences. Concédez‑vous qu'il existe d’autres scientifiques fort distingués, des hommes aussi instruits que vous, qui ont réfléchi et qui ont accès à la même information scientifique que vous, et qui arrivent à des conclusions différentes ?

R. ‑ Sur quoi ?

Q. Sur les droits normaux ou sur les devoirs normaux envers le zygote

R, Ah! pour çà, je vous l'accorde, mais pas sur le fait de savoir si un être humain ou non.



Annexe 3 : dernière objection

Objection : L’Eglise en condamnant l’avortement est en contradiction avec son magistère antérieur. Pendant des siècles, les théologiens, et saint Thomas d’Aquin en tête, ont soutenu une animation tardive et non dès le moment de la conception. Or la position de l’Eglise par rapport à l’avortement suppose la reconnaissance de l’embryon comme un être humain à part entière dès sa conception, ce qui est impossible si l’on soutient la théorie d’une animation tardive.

Réponse[6] :

L’Eglise suit les conceptions philosophiques de son époque. Pendant tout le Moyen Age, elle a suivi les théories des anciens grecs qui pensaient qu’ils y avait une animation tardive de l’embryon. Aristote que suit saint Thomas pensait qu’il fallait 40 jours pour que le fœtus masculin soit animé (80 pour le féminin !). Elle distinguait deux fautes de gravité inégale : « l’avortement homicide » et « l’avortement contraception » en cas d’élimination de l’embryon avant son « animation » (avant qu’il soit humain). Ainsi dans les pénitenciels du haut Moyen Age, la pénitence prévue pour une avortement provoqué après le 40° jour peut atteindre 10 ans et tandis qu’en cas « d’avortement contraception », elle n’excède jamais un an. De même, dans le décret de Gratien (1140), on lit : « n’est pas homicide celui qui procure l’avortement avant que l’âme ne soit infusée dans le corps ». Après de nombreuses tergiversations, l’Eglise en est venue à soutenir la théorie de l’animation immédiate. C’est cette théorie qu’il faut soutenir comme étant la plus probable, en raison de la révolution scientifique opérée par les progrès de la génétique qui nous montrent que tous les caractéristiques de l’être humain sont présents de la fécondation de l’ovule[7]. L’Eglise n’a donc pas changé son enseignement au sujet de la défense de la vie humaine, mais elle l’a affiné en fonction de progrès de la science.


IN SALVE REGINA

[ Ce Message a été édité par: Chamois DLC le 20-02-2005 14:32 ]
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Zebre
Zebra One

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Autant je suis contre l'avortement
autant je suis contre également ce laminage de la langue et l'utilisation à tort et à travers de toutes sortes d'expressions exagérées (et si possibles héritées des passages les plus noirs de l'Histoire), que ce soit pour parler de fascistes, d'assassin, de cequevousvoulezcide, ou de sauvegarde de la vie.

Pour autant, est-ce vraiment impropre en ce qui concerne l'avortement.
Voici la définition du mot selon l'Académie Française (Base de donnée du ministère de la Culture et de la Communication):

Génocide
n. m. XXe siècle. Composé de géno-, tiré du grec genos, « naissance, race », et de -cide, tiré du latin caedere, « abattre, tuer ».
Entreprise d'extermination systématique d'un groupe humain. Le génocide des Arméniens par les Turcs. Le génocide perpétré par le régime nazi sur les populations juives et tziganes. Le génocide est un crime défini en droit international. Il est abusif d'employer le terme de génocide en dehors de son acception la plus rigoureuse. Des expressions comme « génocide culturel », « génocide des campagnes », etc., sont à proscrire.


En fait, le mot genos signifie plutôt descendance que race. Mais le sens recherché est bien celui de race :
Pourtant, genocide littéralement ne signifie rien d'autre que
tuer une descendance
C'est exactement ce qu'est l'avortement.
Mais dans son acceptation, le mot genocide inclut la notion de peuple (qui se dit pourtant demos), de foule, de masse.
L'avortement est suffisemment massif pourqu'on parle de masse, parcontre il exclut toute idée de meurtre massif d'une même descendance (=race).

Donc le terme génocide est impropre dans son acceptation usuelle, mais parfaitement propre dans son sens littéral.

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CASTORE
Rongeur

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pour aller un peu plus loin, voilà quelques réflexions...issues d'une proposition de Loi qui n'a pas abouti (30 mai 2000)

Les lois de 1975 et de 1979 relatives à l’IVG avaient prévu un certain nombre de mesures destinées à informer la femme enceinte se posant la question de l’IVG sur les moyens de mener à terme sa grossesse. De nombreux entretiens et enquêtes font apparaître que l’entretien pré-IVG est de qualité variable , qu’il est très rapide et qu’il n’informe pas suffisamment la femme enceinte des conditions et conséquences de l’IVG. De manière générale, les femmes enceintes sont très peu informées du soutien qu’elles peuvent obtenir si elles sont en détresse. Le guide d’information qui devait être actualisé tous les ans ne l’est pas ; il est rarement distribué. Enfin, les commissions d’aide à la maternité prévues par la loi de 1979 n’ont pas été mises en place.

L’avortement est trop souvent la seule issue envisageable par la femme enceinte qui peut subir de fortes pressions économiques ou psychologiques. Le professeur Nisand rapporte que " des grossesses trop rapprochées, un état de santé déficient, un logement trop exigu pour accueillir un enfant de plus, une instabilité du couple ou une instabilité financière (mari ou concubin ou femme elle-même en voie de licenciement, au chômage ou RMI comme seul revenu) sont les principales causes de la demande d’IVG ". On ne peut que regretter de constater que dans un pays développé comme la France un grand nombre des causes évoquées sont des causes économiques (chômage, peur du licenciement, logement, crainte de ne pas pouvoir subvenir à long terme aux besoins de l’enfant).

S’y ajoutent les raisons psychologiques , notamment pour les femmes seules qui souffrent du regard porté par la société sur leur grossesse, qui se retrouvent isolées à un moment où elles sont plus faibles et ont besoin d’être entourées.

Les difficultés qu’elles ont pour concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle les rendent hésitantes à mener leur grossesse à terme ; toute initiative visant à harmoniser et mieux équilibrer les conditions de travail des femmes et à changer le regard des entreprises sur les femmes enceintes contribuera à développer une société plus accueillante à la femme enceinte.

La pression sociale, conjugale ou familiale peut conduire les femmes à se résigner à l’avortement malgré elles. De plus en plus de femmes évoquent par ailleurs des pressions médicales ou de leur entourage en faveur d’une IVG pour motif thérapeutique en cas de risque de handicap pour l’enfant ; ces pressions s’avèrent particulièrement traumatisantes dans des circonstances déjà extrêmement douloureuses.

La loi devrait réaffirmer qu’aucune pression ne doit être exercée sur la femme enceinte pour l’inciter à avoir recours à l’IVG . L’avortement est rarement un choix libre et volontaire ; il apparaît le plus souvent comme la seule issue possible. " L’avortement reste bien l’expression d’une contradiction entre le désir des femmes et les réalités sociales, économiques et familiales "

Les conséquences psychologiques de l’avortement pour la femme et son entourage sont trop souvent méconnues, ignorées et dissimulées.
L’avortement se traduit souvent par une très grande souffrance qui peut se révéler de nombreuses années plus tard. Il peut être à l’origine de divers troubles ou conflits psychologiques, tels que le chagrin, l’anxiété, l’agressivité, la colère contre soi, le médecin ou les autres, la culpabilité, la peur, la perte de confiance en soi ou le désespoir. Cette souffrance demeure trop souvent un sujet tabou. Les femmes n’en sont pas prévenues et il n’existe aucun service pour les soutenir après leur avortement. Il est nécessaire que soit créé un service de consultation pour le suivi psychologique post-abortif à proximité de chaque établissement pratiquant des IVG et que toute femme enceinte en situation de détresse reçoive une information complète sur l’IVG et ses conséquences psychologiques.

Une femme enceinte a besoin d’être rassurée sur les moyens financiers, matériels et psychologiques dont elle dispose pour mener à terme sa grossesse et créer un foyer accueillant pour son enfant.

La loi devrait remédier à cette absence d’information. Toute femme enceinte en situation de détresse devrait recevoir une information complète sur l’IVG et ses conséquences (notamment psychologiques) ainsi que sur toutes les solutions proposées : aide matérielle, hébergement d’urgence, suivi psychologique, aide éducative à l’accueil de l’enfant, possibilité de confier son enfant à l’adoption...

De même, toute femme enceinte en difficulté devrait pouvoir être orientée vers des services d’aide, des lieux d’accueil et des centres d’hébergement d’urgence :répertoire des aides économiques, des lieux d’accueil et d’hébergement, des associations et organismes dédiés à l’accompagnement des grossesses difficiles devrait être créé dans chaque département

Afin de rendre cette politique de prévention de l’IVG réaliste et de l’ancrer dans les besoins concrets des femmes enceintes, il serait nécessaire de créer un Fonds de prévention de l’IVG destiné à subvenir aux besoins des associations et organismes d’accompagnement des femmes enceintes en difficulté afin de les aider à mener leur grossesse à terme et après la naissance de l’enfant


La création d’un Observatoire public sur la prévention de l’IVG permettrait de faire un bilan annuel sur l’évolution du nombre d’IVG, sur les raisons qui ont conduit les femmes à avorter, sur le suivi psychologique post-abortif, sur les conséquences psychologiques de l’avortement, d’évaluer les ressources publiques accordées aux associations et organismes d’aide aux femmes enceintes et de vérifier le contenu des publications faisant référence à l’IVG.

Bonne réflexion!

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Abyssin P
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Question à deux balles :

Supposons que vous connaissiez une femme qui est enceinte, mais qui a déjà huit enfants, dont trois sourds, deux aveugles et un mentalement attardé. Cerise sur le gâteau, cette femme a la syphilis.

Lui recommanderiez-vous d'avorter ?

>

>

>

Si vous avez répondu oui, vous venez de tuer Bethoven !

En Doue Eo
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