On admire les vieux chefs (...) mais on suit les jeunes, car ce qui entraîne ce qui enthousiasme, c’est précisément le contraste entre l’âge et le rang, entre l’expérience si courte et la responsabilité si grande - entre le visage presque adolescent encore, et la maturité du caractère qui, en méritant le commandement, confère l’autorité. La Rochejacquelein, chef à 20 ans, Marceau, Bonaparte, généraux à 26, et tout près de nous Guynemer, capitaine à 22, étaient de cette race - de cette race dont impérieusement, vous, fils et frères chefs, vous devez être.
Et c’est pourquoi nous n’avons pas tort, nous auteurs d’un mouvement de jeunes, de vouloir qu’il soit dirigé par des jeunes. Il est entendu qu’à 21 ans vous ne serez pas des chefs consommés et "qui n’avez plus rien à apprendre"; mais si à 21 ans vous n’avez pas une âme de chef, vous ne l’aurez ni à 30 ni à 40. Reste qu’on peut se former. À quoi la première condition est précisément de demeurer jeune. Et c’est votre devoir fussiez-vous commissaire à cheveux gris."
Père Jacques Sevin, mars 1929, le Chef, N° 61, p 99.