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Zebra One
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Citation: *CATHOLICISME *
Alors que leur nombre a chuté de moitié en dix ans, les scouts de France se ressourcent pour regonfler leurs effectifs
Élie Maréchal
[03 février 2004]
(article du Figaro)
Le week-end dernier à Jambville (Yvelines), scouts et guides de France ont tenu des Assises de la foi et avancé vers la fusion de leurs deux mouvements qui devrait être entérinée le 30 mai prochain à Lourdes, pendant la Pentecôte. Quatre cents responsables (chefs, cheftaines, aumôniers) se sont réunis pour «réfléchir à une pédagogie de la foi», intégrée au projet éducatif du scoutisme fondé par Baden-Powell en 1907. Cette réflexion vise à «proposer de découvrir et vivre l'Évangile», dans le respect du cheminement spirituel de chaque jeune.
Il pourrait bien s'agir de regonfler l'identité catholique de ces mouvements qui, comme bien d'autres associations, sont aussi en perte d'effectifs et en manque de cadres. En quelque dix ans, le nombre de scouts de France a en effet fondu de moitié : ils ne sont plus aujourd'hui que 40 000 garçons ou filles, avec environ 12 000 responsables. L'association recense mille implantations locales.
D'autres mouvements catholiques Mouvement eucharistique des jeunes, Jeunesse ouvrière chrétienne opèrent le même retour aux sources que les Scouts de France. «Dans une société et surtout parmi les jeunes où il est difficile d'être chrétien et repéré comme tel, affirme le père Jean-Paul Larvol, secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques, chargé des mouvements de jeunesse, il faut à nouveau proposer la foi chrétienne. Les mouvements catholiques doivent reprendre conscience de la spécificité et de l'originalité chrétiennes, sinon ils couleront. La proximité avec les jeunes ne suffit pas, encore faut-il une proximité avec la source, Jésus-Christ.»
Aussi les animateurs du scoutisme sont-ils demandeurs d'outils et d'expériences pour mettre en oeuvre une annonce de la foi adaptée aux jeunes entre 8 et 21 ans. C'est ce que cherchaient à apporter les Assises de la foi, à Jambville.
Mouvement d'éducation populaire, les Scouts de France n'accueillent pas seulement des catholiques ; parmi eux, se trouvent des non-baptisés, voire des jeunes issus d'autres religions. «Que les jeunes et leurs parents soient pratiquants ou non, ils se reconnaissent dans les valeurs de l'Église. Ils attendent donc que le scoutisme leur inculque ces valeurs», explique Claude Moraël, commissaire national depuis novembre 2002.
Aussi bien du côté de l'épiscopat qu'à la direction des Scouts de France, on refuse de voir dans cette réaffirmation de la foi chrétienne un «recentrage». Le père Larvol préfère parler de «défi» non pour augmenter les effectifs, mais pour mieux correspondre à la diversité religieuse et culturelle des jeunes. Claude Moraël évoque aussi des «réalités nouvelles». Il explique : «Nous sommes dans une période de tiraillements, de communautarisme, de laïcité intolérante. Dans cet environnement inédit, nous devons affirmer notre identité catholique sans tomber dans des dérives identitaires.»
Il y a cinquante ans, la crainte était que le scoutisme pâtisse de dérives paramilitaires, en formant des /«petits soldats».Aujourd'hui, l'appréhension est dans les dérives sectaires. Aussi, les Scouts de France manifestent haut et fort leur attachement à l'Église catholique comme antidote au soupçon. Pour autant, ils ne cherchent pas à faire défiler leurs troupes à la messe obligatoire : «Ce serait peut-être rassurant, dit Claude Moraël, mais pas suffisant pour l'éducation de la foi. Transmettre la recherche de Dieu peut se faire de mille façons dans la vie des scouts.»
Naguère, le scoutisme était l'un des meilleurs viviers pour les vocations sacerdotales. A un groupe d'évêques français, le Pape Jean-Paul II déclarait récemment : «Il est clair que tout ce qui peut favoriser chez les enfants et chez les jeunes une découverte authentique de la personne de Jésus et de la relation vivante avec lui, qui s'exprime dans la vie sacramentelle, dans la prière et dans le service des frères, sera bénéfique à l'éveil des vocations.» Si susciter des prêtres n'est pas le premier objectif du scoutisme catholique, la régénérescence de la foi dans ce mouvement pourrait y contribuer. Un homme comme l'abbé Pierre, scout totémisé «Castor méditatif» à l'âge de 14 ans, y puisa son idéal. Aujourd'hui, les Scouts de France n'opèrent pas seulement un lifting pour séduire, mais un approfondissement spirituel et pédagogique
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