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ptit panda Grand membreScène - Boute-en-train (82) Nous a rejoint le: 02 Mars 2007 messages: 754 Lieu d'origine: Orléans/Tours
| | | Posté le: 15-03-2008 à 00:22 |
Je ne veux pas vous paraître hérétique mais finalement je me rend compte que je n'arrive pas à prier devant les reliques d'un saint. Bon ok, demander à un saint de me guider, de m'aider à aller vers Dieu etc. je veux bien mais j'ai vraiment du mal à comprendre comment vénérer des reliques. En ce moment, les reliques de Ste Thérèse sont à Orléans et des personnes passent des heures entières devant ces reliques, à les vénérer, comme moi j'adorerai le St Sacrement par exemple. Je ne comprend pas. Comment peut-on vénérer des reliques? Et puis, finalement, que veut dire vénérer ? Quelle est la différence entre vénérer et adorer ?
| Zebre Modérateur Nous a rejoint le: 19 Oct 2001 messages: 8776 Lieu d'origine: Lyon
| | | Posté le: 15-03-2008 à 01:38 |
moi je suis comme toi Panda.
Mais les reliques sont données à la sensibilité de ceux qui y trouvent un appui. C'est pas pour tout le monde.
| Tigre Joyeux membreSecours - Aide-Pharmacie (81) Nous a rejoint le: 20 Oct 2004 messages: 328 Lieu d'origine: Far west lyonnais
| | | Posté le: 15-03-2008 à 10:59 |
Le mot adorer ne convient qu'à Dieu. C'est pourquoi on utilise vénérer pour un saint. En effet devant les reliques d'un saint, tu peux lui demander son intercession auprès de Dieu, te confier...
| CHRISCOUT Membre notoireMontagne - Grimpeur (80) Nous a rejoint le: 11 Sept 2007 messages: 76 Lieu d'origine: PARIS
| | | Posté le: 27-03-2008 à 13:36 |
On peux respecter les sentiments de certains croyants, mais il est sûr que cela peux paraitre bizarre d'idolatrer des morceaux d'anatomie.!mais c'est ainsi, et je me dis que du moment que cela aide les personnes...c'est bien!
| Patte serviable patteForêt - Pisteur (87) Nous a rejoint le: 10 Mai 2004 messages: 1168 Lieu d'origine: Chateauroux
| | | Posté le: 27-03-2008 à 13:40 |
Je ne pense pas que ce soit du domaine d'idolatrer.. c'est plus exprimer un certain respect .. (j'ai du mal aussi...) Pour moi allé prier devant des reliques, c'est comme se retrouver devant une tombe.. peut etre un myen "materiel" de symboliser la présence du saint parmis nous.
| Bessou Grand membreÉglise - Hospitalier (104) Nous a rejoint le: 27 Oct 2002 messages: 697 Lieu d'origine: Grand Ouest
| | | Posté le: 31-03-2008 à 15:02 |
Zebre parle de sensibilité. La religion catholique est la religion de l'Incarnation. Elle s'ancre, elle s'enracine dans le sensible. La matière n'est pas méprisable, mais un moyen voulu par Dieu pour que corps et âme nous nous élevions à lui.
La vénération des reliques est beaucoup moins en vogue qu'autrefois. J'ose le dire, c'est une très mauvaise chose. En effet, nous ne sommes pas seuls dans la foi. Nous sommes en communauté avec les vivants mais aussi avec les morts, nos pères dans la Foi. Les reliques nous rappellent de manière tangible que certains de nos prédécesseurs ont été élevés à la gloire des autels pour notre édification parce qu'ils ont pu, par leur Foi, leur Espérance et leur Charité, traverser cette vallée de larmes en portant avec constance leurs croix. Ils ont correspondu à la volonté divine, nous sommes tous appeler à suivre leur exemple qui est finalement à la fois une exhortation et un encouragement.
D'autre part, la communion des saints est un dogme qu'il ne faut pas négliger. Ainsi, ceux qui sont déjà dans la vision bienheureuse sont à même d'intercéder pour nous auprès de Dieu. On peut donc les prier en tant qu'intermédiaires et cette prière peut prendre la forme de la vénération des reliques.
Cet extrait du catéchisme qui concerne les images au sens propres peut très bien convenir ici puisque les saints sont bel et bien d'une certaine manière des images du Christ. Il sont même plus que de simples images, ils sont des images vivantes et bien réelles:
Texte: CEC 2132
Le culte chrétien des images n'est pas contraire au premier commandement qui proscrit les idoles. En effet, "l'honneur rendu à une image remonte au modèle original" (S. Basile, Spir. 18, 45), et "quiconque vénère une image, vénère en elle la personne qui y est dépeinte" (Cc. Nicée II: DS 601 cf. Cc. Trente: DS 1821-1825 Cc. Vatican II: SC 126 LG 67). L'honneur rendu aux saintes images est une "vénération respectueuse", non une adoration qui ne convient qu'à Dieu seul:
Le culte de la religion ne s'adresse pas aux images en elles- mêmes comme des réalités, mais les regarde sous leur aspect propre d'images qui nous conduisent à Dieu incarné. Or le mouvement qui s'adresse à l'image en tant que telle ne s'arrête pas à elle, mais tend à la réalité dont elle est l'image (S. Thomas d'A., II-II 81,3, ad 3).
Pour éclairer encore il suffit d'aller lire les articles 4 et 11 de la question 83 de la IIa IIae de la Somme Théologique (c'est assez simple) dont voici les réponses (corpus):
IIa IIae Q.83 a.4 corpus:
Citation:Il y a deux manières de présenter sa demande à quelqu’un. On peut lui demander de l’exaucer lui-même, ou bien de nous la faire obtenir. Dans le premier cas la prière ne peut s’adresser qu’à Dieu, car nos prières doivent être ordonnées à l’obtention de la grâce et de la gloire, que Dieu seul peut nous octroyer selon le Psaume (84, 12) : “ Le Seigneur donne la grâce et la gloire. ” Mais nous prions de la seconde manière en nous adressant aux saints, anges et hommes. Non pour qu’ils fassent connaître à Dieu nos demandes, mais pour qu’ils les fassent aboutir par leur intercession et leurs mérites. C’est pourquoi on lit dans l’Apocalypse (8, 4) : “ La fumée des parfums, c’est-à-dire les prières des saints, monte de la main de l’ange devant le Seigneur. ” C’est également ce qui ressort de la forme suivie par l’Église dans ses prières. Car nous demandons à la sainte Trinité “ d’avoir pitié de nous ”, aux saints, autres que Dieu, nous demandons “ de prier pour nous ”.
IIa IIae Q.83 a.11 corpus:
Citation:Ce fut l’erreur de Vigilantius d’après S. Jérôme, de penser que “ tant que nous vivons nous pouvons prier les uns pour les autres; mais après sa mort, nul d’entre nous ne pourra le faire, d’autant que les martyrs qui demandent vengeance de leur sang ne peuvent pas l’obtenir ”. Mais cela est tout à fait faux. C’est la charité qui nous fait prier pour autrui, nous l’avons dits. Plus parfaite est la charité des saints qui sont au ciel, plus ils prient pour les pèlerins terrestres que peuvent aider leurs prières. Plus aussi ils sont unis à Dieu, plus leurs prières sont efficaces. Car l’ordre divin veut que l’excellence des êtres supérieurs rayonne sur ce qui est au-dessous d’eux, comme la clarté du soleil se répand dans l’air. Ainsi est-il dit du Christ (He 7, 25) : “ Il s’approche de Dieu pour intercéder en notre faveur. ” Et S. Jérôme dit en ce sens : “ Si les Apôtres et les martyrs prient pour les autres alors qu’ils vivent encore ici-bas, où ils doivent encore se soucier d’eux-mêmes, combien plus après leurs victoires, leurs couronnes et leurs triomphes. ”
Je ne résiste pas au plaisir de citer aussi quelques objections et les réponses:
Citation:2. Les saints conforment parfaitement leur volonté à Dieu pour ne plus vouloir que ce qu’il veut. Mais ce que Dieu veut s’accomplit toujours. Ce serait donc en vain qu’ils prieraient pour nous.
2. Les saints obtiennent ce que Dieu veut réaliser par le moyen de leurs prières. Et ils demandent ce qu’ils estiment devoir dépendre de leurs prières selon la volonté de Dieu.
4. Si les saints de la patrie priaient pour nous, la prière des plus grands saints serait la plus efficace. On ne devrait donc pas implorer le secours des saints d’une catégorie inférieure, mais seulement celui des plus grands.
4. Dieu veut que les êtres inférieurs soient aidés par tout ce qui leur est supérieur. C’est pourquoi il faut prier non seulement les plus grands saints, mais aussi les moindres. Sinon il ne faudrait implorer miséricorde que de Dieu seul. Il arrive parfois que l’invocation d’un moindre saint ait plus d’efficacité, soit qu’on l’implore avec plus de dévotion, soit que Dieu veuille montrer sa sainteté.
J'espère que cela vous éclaire un peu sur la vénération des reliques. Elles sont comme un support à notre prière. La religion Catholique n'est pas un pur intellectualisme, il ne faut pas négliger sa dimension charnelle. Prier n'engage pas que l'âme, mais toute la personne: le corps, l'intelligence, l'âme. C'est pour cela que l'on s'agenouille, que l'on embrasse la Croix le vendredi saint, que l'on touche les reliques...
Alors si, les reliques c'est pour tous le monde. C'est si vrai, que normalement les autels consacrés doivent contenir des reliques. Il ne faut pas prendre de haut cette forme de piété, mais se rééduquer progressivement à ce qui a été l'un des éléments "moteurs" de l'Europe Chrétienne.
| Rantanplan canidéScène - Artiste (117) Nous a rejoint le: 19 Fév 2004 messages: 4366 Lieu d'origine: France-désert
| | | Posté le: 31-03-2008 à 17:13 |
Ce cher Docteur Angélique, toujours aussi
| Bessou Grand membreÉglise - Hospitalier (104) Nous a rejoint le: 27 Oct 2002 messages: 697 Lieu d'origine: Grand Ouest
| | | Posté le: 01-04-2008 à 01:00 |
Un petit complément avec un document récent de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements:
in DIRECTOIRE SUR LA PIÉTÉ POPULAIRE ET LA LITURGIE
PRINCIPES ET ORIENTATIONS
Cité du Vatican - Décembre 2001
Citation:Les reliques des Saints
236. Le Concile Vatican II rappelle que "selon la Tradition, les saints sont l’objet d’un culte dans l’Église, et l’on y vénère leurs reliques authentiques et leurs images". L’expression "reliques des Saints" indique surtout les corps - ou des éléments significatifs de ces corps - de tous ceux qui, par la sainteté héroïque de leur vie, se révélèrent sur cette terre des membres éminents du Corps mystique du Christ et des temples vivants de l’Esprit Saint (cf. 1 Co 3, 16; 6, 19; 2 Co 6, 16). De plus, les objets qui ont appartenu aux Saints sont aussi considérés comme des reliques: il s’agit des objets personnels, des vêtements, des lettres, et des objets qui ont été mis en contact avec leurs corps ou leurs tombeaux (huiles, morceaux d’étoffe (brandea)), et aussi des objets qui ont touché les images vénérées du Saint.
237. Le Missel Romain renové recommande de "garder l’usage de déposer sous l’autel à consacrer des reliques de saints, même non martyrs". Cette place des reliques, par rapport à l’autel, indique donc que le sacrifice des membres de l’Église a pour origine et prend tout son sens, à partir de l’unique sacrifice de la Tête de cette même Église; de plus, les reliques expriment symboliquement la communion de toute l’Église à l’unique sacrifice du Christ, et donc la mission qui est confiée à cette Église de témoigner, même au prix du sang, de sa fidélité à son Époux et Seigneur.
Cette expression éminemment liturgique du culte des reliques n’est pas la seule; en effet, la piété populaire en comprend bien d’autres. Il est vrai néanmoins que les fidèles aiment vénérer les reliques. Il est donc nécessaire de mettre en place une pastorale, qui soit capable de promouvoir le véritable sens du culte des reliques; il s’agit, en effet:
- de s’assurer de leur authenticité; lorsqu’un doute subsiste, il convient de soustraire les reliques à la vénération des fidèles, en agissant avec la prudence pastorale requise dans ce genre de situation.
- d’empêcher la division excessive des reliques, qui ne respecte pas la dignité du corps humain; les normes liturgiques prévoient, en effet, que les reliques doivent être "assez grandes pour qu’on puisse comprendre qu’elles sont les restes de corps humains";
- d’exhorter les fidèles de ne pas se laisser gagner par la manie de collectionner des reliques; il est arrivé que, dans le passé, on ait à déplorer les conséquences déplorables de ce genre d’habitudes.
- de veiller au bon usage des reliques, afin d’éviter tout risque de fraudes, toute forme de trafic, et toute autre avilissement du culte en superstition.
Les différent actes de la dévotion populaire envers les reliques des Saints doivent être accomplis avec une grande dignité, et dans un climat de foi authentique. Parmi les principales expressions de la piété populaire, on peut citer le fait d’embrasser les reliques, de les illuminer et de les orner de fleurs, de les employer pour bénir ou de les porter en procession, et aussi de les apporter aux malades pour les réconforter et mettre ainsi en valeur leur demande de guérison. Il faut éviter dans les tous les cas d’exposer des reliques sur la table de l’autel, car celle-ci est réservée au Corps et au Sang du roi des martyrs.
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