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| Une spiritualité sans Dieu est-elle possible ? |
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Old GIlwellian Membre honoréCité - Educateur (166) Nous a rejoint le: 09 Juin 2004 messages: 5376 Lieu d'origine: Paris
| | | Posté le: 03-04-2007 à 16:22 |
Petit livre qui vient de sortir sur le sujet :
http://www.reforme.net/archive/article.php?num=3152&ref=1052
| mafalda madrileña(102) Nous a rejoint le: 03 Janv 2003 messages: 3905 | | | Posté le: 03-04-2007 à 16:32 |
Pour moi oui c'est possible.
Et ça se vit très bien chez les ENF de souche .
| Zebre Modérateur Nous a rejoint le: 19 Oct 2001 messages: 8438 Lieu d'origine: Lyon
| | | Posté le: 03-04-2007 à 18:37 |
En quoi est-ce une spiritualité ?
| Old GIlwellian Membre honoréCité - Educateur (166) Nous a rejoint le: 09 Juin 2004 messages: 5376 Lieu d'origine: Paris
| | | Posté le: 03-04-2007 à 18:40 |
Il n'y a qu'à lire le livre pour s'en faire une idée. Bien sûr tout dépend de la définition que l'on donne à la spiritualité, définition fermée ou définition ouverte.
| skyee Joyeux membreMontagne - Grimpeur (85) Nous a rejoint le: 04 Avr 2006 messages: 204 Lieu d'origine: Est
| | | Posté le: 03-04-2007 à 19:43 |
Si on concidere que ce que se fait chez les boudistes c'est de la spiritualite, la reponse est oui, car le boudisme est sans Dieu.
| Zebre Modérateur Nous a rejoint le: 19 Oct 2001 messages: 8438 Lieu d'origine: Lyon
| | | Posté le: 03-04-2007 à 20:06 |
"une définition ouverte"
Une définition ouverte... voilà un concept intéressant...
Quelle est la définition ouverte de table stp ?
(Et quelle est sa définition fermée ?)
Définition ouverte ou chacun sa défintion quoi... donc pas de définition. On évolue dans le plsu grand n'importe quoi là non ?
(et je ne parle aps de la corruption du vocabulaire avec le positif "ouvert" et le négatif "fermé").
| Sarigue/Elec' Membre confirméSecours - Sauveteur (124) Nous a rejoint le: 04 Janv 2004 messages: 3165 Lieu d'origine: Rueil-Malmaison (92)
| | | Posté le: 03-04-2007 à 23:00 |
Il s'agit surtout de ne pas confondre spiritualité et religion...
| skyee Joyeux membreMontagne - Grimpeur (85) Nous a rejoint le: 04 Avr 2006 messages: 204 Lieu d'origine: Est
| | | Posté le: 04-04-2007 à 00:43 |
Peut-etre il s'agit sourtout de ne pas confondre spiritualité et philosophie?
| Old GIlwellian Membre honoréCité - Educateur (166) Nous a rejoint le: 09 Juin 2004 messages: 5376 Lieu d'origine: Paris
| | | Posté le: 04-04-2007 à 08:28 |
On peut très bien croire qu'il existe une réalité supérieure à l'homme, reconnaître des valeurs spirituelles et chercher à s'élever au dessus du monde matériel sans forcément croire en l'existence d'un Dieu personnel et transcendant (du type vieillard barbu en tunique assis sur un trône et brandissant les anathèmes) ou tout simplement en refusant le système institutionnel d'attitudes, de croyances dogmatiques et de pratiques contraignantes qui constitue une religion.
| Akela NDE Akela(135) Nous a rejoint le: 01 Avr 2005 messages: 3993 Lieu d'origine: Dijon
| | | Posté le: 04-04-2007 à 12:24 |
Le meilleur outil, quand on cherche une définition, ça reste toujours le bon vieux dictionnaire ...
Citation: Dans la 8° édition du Dictionnaire de l'Académie, les Immortels ont écrit :
SPIRITUALITÉ. n. f. T. de Métaphysique. Caractère spirituel, nature spirituelle; il s'oppose à Matérialité. La spiritualité de l'âme.
Il se dit aussi de la Théologie mystique, de celle qui regarde la nature de l'âme, la vie intérieure. Livre de spiritualité.
Il désigne encore la nuance de pensée religieuse propre à une école théologique, à un institut religieux, à un peuple. La spiritualité de saint Bernard. La spiritualité franciscaine. La spiritualité espagnole.
Citation: Dans le Littré, M. Littré a écrit :
Spiritualité. 1.Terme de métaphysique. Qualité de ce qui est esprit.
La spiritualité commence, en l'homme, où la lumière de l'intelligence et de la réflexion commence à poindre, BOSSUET, Connais. v, 13. On sait que la preuve de la spiritualité de l'âme, apportée par Descartes, le conduit nécessairement à croire que les pensées de l'âme ne peuvent être causes physiques des mouvements du corps, FONTEN. Malebranche. Nous sommes prévenus que l'esprit humain est une substance indépendante du corps, laquelle n'y fait qu'une habitation passagère ; après quoi elle jouira sans lui de tous les avantages de la spiritualité, BOULAINVILLIERS, Réfut. de Spinosa, p. 168. Ce fut lui [Platon] qui, le premier chez les Grecs, essaya de prouver par des raisonnements métaphysiques l'existence de l'âme et sa spiritualité, VOLT. Phil. Établ. chr. 3.
2. Terme de vie dévote. Tout ce qui a rapport aux exercices intérieurs d'une âme dégagée des sens, qui ne cherche qu'à se perfectionner aux yeux de Dieu. (...) La nouvelle spiritualité, le mysticisme de Mme de Guyon et de Fénelon. (...)
3. En général, caractère de ce qui est dégagé de la matière et des sens.
Dans les deux cas, le premier sens est un sens métaphysique, placé avant le sens religieux. La spiritualité peut donc être autre chose que religieuse ; la spiritualité au sens religieux n'est qu'un sens second du terme. On parle d'ailleurs, depuis le Père Sevin, de spiritualité scoute, mais dans le même sens que la spiritualité d'un ordre. Cependant, rien à voir avec la spiritualité au sens des ENF.
Avoir une spiritualité (sans Dieu) dans un mouvement scout non confessionnel est donc tout à fait possible : il s'agit alors, tout simplement, d'avoir une attitude intellectuelle ouverte aux choses qui nous dépassent, et cherchant à réfléchir sur elles. Bref, d'avoir, chacun à son niveau, une réflexion métaphysique.
En un sens, et d'un point de vue catholique, il s'agit donc d'une attitude pré-religieuse, au sens de celle qu'avait par exemple Aristote (Qui a pu prouver la nécessité du premier moteur sans être particulièrement croyant). C'est donc une attitude éminemment louable du point de vue catholique ; sachant bien sur que les catholiques, eux, doivent faire plus que cette simple spiritualité, et la développer par la Révélation qu'ils ont reçue.
| Zebre Modérateur Nous a rejoint le: 19 Oct 2001 messages: 8438 Lieu d'origine: Lyon
| | | Posté le: 04-04-2007 à 22:08 |
Merci Akela.
Le problème c'est que la spiritualité dont on parle ici est un succédané de religion (une religion sans religion), et non pas une réflexion métaphysique (car il n'y en a aucune).
La spiritualité dont il est généralement question quand on parle de spiritualité, c'est la pensée catholique privée de ses dogmes et de ses rites : croire que l'Amour vaut mieux que tout (sans savoir pourquoi), croire qu'il faut aider son prochain (sans savoir pourquoi), juste par un hritage catholique reconditionné dans un paquetage vierge.
Et ça, ça n'est pas de la spiritualité.
Mais la définition d'attitude intellectuelle que tu donnes, très bien j'y crois.
Je demande juste des preuves que ça existe concrètement (des réflexion métaphysiques, mon oeil, vu le niveau philosophique de l'ensemble des membres qui s'en réclament)
| Old GIlwellian Membre honoréCité - Educateur (166) Nous a rejoint le: 09 Juin 2004 messages: 5376 Lieu d'origine: Paris
| | | Posté le: 05-04-2007 à 07:28 |
Quel est l'humain qui peut prétendre connaître le secret des âmes ?
A ce que je sâche ni Socrate, ni Platon, ni Aristote, ni Sidharta Gautama n'étaient catholiques ni n'avaient jamais entendu parler de christianisme et pourtant nul ne niera leur spiritualité.
| Akela NDE Akela(135) Nous a rejoint le: 01 Avr 2005 messages: 3993 Lieu d'origine: Dijon
| | | Posté le: 05-04-2007 à 13:19 |
Le problème de cette question, c'est qu'elle peut être traitée sous deux angles d'attaque différents : le premier, un angle «objectif» se voulant extérieur à toutes les religions, et le deuxième, un angle religieux, par exemple catholique.
La première approche ne me paraît pas la plus intéressante, parce qu'évidemment, un non-catholique prétendra que toutes ses pensées un peu moins matérielles que d'habitude tiennent de la spiritualité. En ce sens, à vouloir être plus objective, elle le serait moins ; et je pense donc que traiter de cette question de manière réellement objective est impossible (La réponse est oui, et il n'y a plus de question avant même qu'on ait commencé à y répondre). Il me semble donc nécessaire d'appréhender les choses franchement, sans vouloir cacher ni oublier tous nos déterminismes spirituels.
Dans la seconde approche, on se place du point de vue catholique. La question peut donc être transformée de la façon suivante : «Une spiritualité sans Dieu est-elle valable ?». Car possible, oui, sans doute, beaucoup de choses sont possibles. Maintenant, reste à savoir si se parer de quelques pensées plus ou moins métaphysiques, ou même simplement philanthopiques, peut avoir une quelconque valeur spirituelle.
On en revient alors à ce que l'Église, et notamment Saint Thomas d'Aquin, appellent la morale naturelle : le fait de diriger sa pensée, et son âme toute entière, vers le beau, le bon et le bien. En fait, vers tout ces aspects extérieurs de la manifestation de la bonté divine qui sont accessibles à tous, et qui permettent, toujours en suivant Saint Thomas, de prouver par un simple raisonnement naturel l'existence de Dieu.
Mais bien sur, il ne faut pas demander à tout le monde de méditer sur les universaux, sur la nécessité du premier moteur ou même tout simplement sur les prémisses de la physique aristotélicienne. Chacun son niveau : il s'agit ici de scoutisme, on s'adresse donc à des adolescents, dont les capacités de réflexion transcendantale ne sont pas tout à fait les mêmes que celles d'étudiants en philosophie (Qui, d'expérience, ont eux aussi du mal avec cette philosophie). Il s'agit donc de garder cette réflexion, nécessairement orientée en puissance vers la découverte de la nécessité du premier moteur, adaptée au niveau de chacun.
Il s'agit bien d'une orientation en puissance : pas d'une orientation de fait. Parce qu'on peut fort bien se contenter de réfléchir à la nécessité du respect de l'autre, par exemple, sans forcément s'imaginer qu'elle est due, de façon relativement éloignée, à la nécessité du respect du Créateur de cet autre. Pourtant, c'en est un aspect !
Une spiritualité sans Dieu est donc tout à fait possible et valable, non pas parce qu'elle se passe de Dieu ou l'évacue -et à condition bien sur qu'elle ne cherche pas à le faire, auquel cas elle deviendrait une tentative de justification de l'athéisme, donc fondamentalement mauvaise-, mais parce qu'elle traite et rapproche de Lui par les moyens naturels. De la même façon qu'il est possible à un païen n'ayant jamais reçu l'Évangile de se sauver par des moyens naturels, de la même façon est-il possible d'avoir une spiritualité réelle et valable, sans pour autant qu'on y mette expressément Dieu au centre. Et ce, même si les moyens de cette spiritualité nous paraissent bassement terre-à-terre : au final, à partir du moment où ils sont orientés vers le bien naturel, ils sont de facto aussi orientés vers Dieu.
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